La question de la semaine : Doit-on être fervent consommateur de l’amour fast-food ?


Pexel

Switche à droite, Switche à gauche. Tinder, aka le déclencheur moderne de l’amour fast-food. Toi aussi tu te demandes ce que j’entend par ce terme ? Eh bien, compare ta vie amoureuse à une commande Mc Donald’s sur Uber Eat et tu comprendras de par toi-même…


2019. Toujours la même foutue année qui vient de commencer et pourtant, l’épidémie est bel et bien implantée depuis 2014. En cette douce année où tu avais 5 ans de moins, l’ère des applications de rencontre à consommation rapide n’avait pas encore débuté. À cette époque (oui, parce que c’est désormais une époque), tu considérais qu’Adopte Un Mec était craignos et Meetic un peu trop vieux pour toi. Tu galérais à enchainer les conquêtes amoureuses et à avoir des coïts réguliers. Tu espérais rencontrer une personne intéressante en sortant en boite avec tes potes et parfois tu avais de la chance, tu tapais dans le mille. Ou dans le fond.

Et puis un jour, on t’a montré qu’il était possible de rencontrer quelqu’un du bout des doigts. Et avoir une vie sentimentale ou amoureuse n’a plus semblé compliqué pour un sou. Tu ouvres une application et une ribambelle de choix s’offre à toi dont tu contrôles le sort par un simplement mouvement de pouce.

« Lui ? Pas assez beau. Elle ? Un peu trop sérieuse sur sa photo de profil… Un super like vraiment ? T’es si désespéré(e) que ça ? »


Et depuis ce jour, c’est le drame dans les chaumières. Alors qu’avant rencontrer quelqu’un et le séduire nous demandait un tantinet d’effort, on se retrouve devant un rayon de produits bien frais (ou pas d’ailleurs) prêts à être livrés de façon express dans notre pieu ou sur notre canapé. Non mais comment veux-tu qu’avec tout ça, on évite la polygamie, les situations foireuses et les bruits de bouche quand on boit une boisson chaude. Ok je m’égare, mais ce vieux bruit « sluuuuuuuurp » ferait vraiment péter un câble à n’importe qui.


Donc nous voilà aujourd’hui, face à notre écran en train d’attendre celui ou celle qui changera la donne, ou bien d’être cette personne pour quelqu’un. Le problème, c’est qu’en ayant autant de choix, on privilégie la quantité à la qualité. Fast food, que je te dis.


Ainsi, si toi tu as un big crush pour une personne, tu sais pertinemment qu’au moment où tu vas faire quelque chose qui va lui déplaire et qui enlèvera cette sensation de facilité, il n’aura qu’à re-télécharger (encore faut-il qu’il ou elle l’ait oté de son téléphone) une application qui lui permettra de repartir à zéro avec une cible moins casse-couille.


Belle mentalité, bravo, j’applaudis. Sympas cette société d’accro à la malbouffe sentimentale. On ne dit pas qu’on veut des histoires d’amour à la « N’oublies jamais » (si, clairement, on en veut) mais on ne pense pas trop en demander en s’attendant à une attention qui dure plus de 3 jours.


Ah oui, et j’oubliais, le fait de considérer également que les personnes présentes sur ces applications sont totalement offertes en sacrifice sexuel, obligatoirement orientées vers un plan cul… c’est aussi un constat des plus affligeants.


Tinder et ses copains ont fait des êtres, des consommateurs accros à la rapidité : je choisis, je commande, je dégomme le tout pour avoir à nouveau faim quelques heures après.


Alors oui, ok, le fast-food c’est bien et on adore ça, surtout quand on a la gueule de bois. Ce n’est pas moi qui dirais le contraire… Sauf qu’à manger Mc Do tous les jours, on finit par en être totalement dégoutté, taper une belle indigestion et prendre un peu de poids au passage.


Et au milieu de tout ça, il y a des personnes comme toi et moi, qui ne cherchons l’amour que là où elles peuvent le trouver. C’est à dire un peu partout.


Eh bien, on n’est pas dans la merde, parce qu’il est pas venu le jour où quelqu’un arrivera à te séduire simplement avec son pouce. Ou alors, on n’a pas vraiment envie de savoir comment.



By La Garçonne

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