La mode post-confinement, à quoi faut-il s’attendre ?



Alors que le monde entier est encore à l’arrêt, de nombreuses personnes et entreprises commencent à penser à « l’après-confinement ». Comment remettre sur les rails une industrie qui, d’habitude, travaille en quasi-flux tendu, des filatiers aux façonniers. Bien qu’on soit loin de la pénurie - il paraît que la production actuelle pourrait couvrir huit ans de stock - la mode est toujours dans une cruelle recherche de nouveauté, offrant toujours tout, plus vite, plus beau, plus cher ou plus cheap. De nombreux acteurs commencent à se positionner pour dessiner « la mode de demain ».


Place à la digitalisation


Confinement oblige, les Fashion Week s’annulent les unes après les autres. Pour le moment, nous ne connaissons pas le sort des défilés de septembre, mais l’absence d’activité et la fermeture des ateliers risquent d’impacter le bon déroulement de l’événement. Cette crise aura eu raison des défilés, mais n’a toujours pas réussi à mettre à terre internet – fort heureusement. Et si l’avenir de la mode était 100% digital ? C’est en tout cas le pari qu’ont fait les Anglais : une Fashion Week 100% digitale pour l’édition de juin 2020, une première mondiale. Cette semaine de la mode d’un nouveau genre sera mixte, sonnant ainsi le glas pour les sempiternelles collections genrées. L’ensemble des collections seront présentés sur une plateforme, spécialement créée pour l’occasion et accessible à tous, ouvrant ainsi la mode à tout un chacun tout en mettant fin à l’élitisassions du milieu.


Cette digitalisation permet également d’étendre le prisme de la Fashion Week en proposant des conférences digitales, des interviews et même des campagnes mode à distance… Un immense virage semble s’amorcer. Virage qui donnera sûrement naissance à un nouveau modèle, réduisant les présentations traditionnelles à quelque chose d’old school et dépassée.


Se détacher du calendrier


C’est la nouvelle choc du jour. Saint Laurent, une maison ultra traditionnelle, imprégnée par tout ce que la mode française a fait de mieux, a pris la décision de se détacher du calendrier officiel. Cette décision permettra au directeur artistique, Anthony Vacarello, de ne plus subir la pression des présentations officielles, se laissant ainsi plus de temps pour la création. Les collections seront présentées quand elles seront prêtes.


Ce n’est pas vraiment le premier directeur artistique à faire ce choix, la Maison Azzedine Alaïa est, depuis longtemps hors du calendrier officiel, privilégiant ainsi la créativité à la production. Mais, le fait que ce soit une maison aussi commerciale que Saint Laurent est une nouvelle qui ébranle un peu le système : mettre en avant la créativité avant le profit, c’est s’attaquer directement à ce qu’est devenu la mode depuis le mass-market : une véritable usine à gaz – qui représente en France 3% du PIB (source IFM).

Trouver un nouveau rythme


Parce qu’il est remis en question depuis quelques années, le rythme de présentation et de production pose énormément de soucis. D’un point de vue écologique : il ne faut pas oublier que la mode est la seconde industrie la plus polluante au monde ; mais aussi d’un point de vue humain: qui peut réellement créer, produire et commercialiser 8 à 10 collections par an ?


De nombreuses fois montré du doigt par les grands acteurs du milieu, le rythme du See Now Buy Now et de la gourmandise des nouveaux consommateurs a, petit à petit, sclérosé l’industrie de l’intérieur, ne laissant plus de place ni de temps à la créativité et au désir. Ce break mondial que cause actuellement le coronavirus est peut-être le coup du pouce qu’il fallait pour redistribuer les cartes et trouver un nouveau rythme à la mode. Rendez-vous en 2021 pour voir si évolution il y a.


By Juliette Gour

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